Léo Ferré - Vous savez qui je suis maintenant (1)

"Moi, j'aime bien les musiciens, mais il faut les payer. Ils sont quatre-vingt, ça coûte très cher et il faut augmenter le prix des places. Et puis dans une valise, les musiciens comme ça, dans une bande, c'est bien transportable, c'est très bien ! Et puis il n'y as pas le type du syndicat qui vient vous dire qu'il faut arrêter.
Coquatrix était venu me voir après le Palais des Congrès. Il m'avait poursuivi dans deux-trois villes où j'étais, notamment en Suisse pour me dire : "Léo, on va faire ça avec l'orchestre". J'ai dit : "Non, chez toi, tu as deux mille places. Au Palais des Congrès, il y avait trois mille sept cent places, c'était pas trop, trop cher. Toi, tu as deux mille places, tu es obligé d'augmenter le prix des billets. Je ne veux pas." Il me dit : "Mais j'ai trouvé un moyen." Vous savez ce qu'il a fait ? Il est allé au Conservatoire de Paris, il avait demandé à Galomond : "Est-ce que vous pouvez demander à l'orchestre des cadets s'ils accepteraient de venir à l'Olympia ? " Alors, ils ont accepté tout de suite, ils étaient ravis. Je veux dire que les musiciens de Pasdeloup, ils avaient cent soixante francs par service, à ce moment-là, et Coquatrix avaient proposé cent francs. Ces jeunes étaient contents. Ils auraient pu travailler un peu tous les soirs pendant un mois. Et ça n'a pas pu se faire. Vous savez pourquoi ?
A cause du syndicat des musiciens ! "

Nostalgie 93, lundi 8 juillet 1985, à Lyon , au théâtre de Fourrières
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